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26.01.2008
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ECONOMIE

URGENCE : IL FAUT FERMER LA BOURSE !

Posté le 27.10.2008 par joelmekhantar
Comme nous le disions dans un précédent billet : il faudrait bien qu'à un moment ou à un autre les pouvoirs publics se préoccupent de fermer les places boursières. Ce moment est venu. En plongeant de 6,36% ce lundi sur de simples rumeurs, pourtant aussitôt démenties, d'augmentation du capital des trois principales banques japonaises, l'indice Nikkei a atteint 7 162,90 points, soit le plus bas niveau depuis... novembre 1982 !!! (finalement en clôture, il est légèrement remonté à 7.198,07 points soit -5,90%). Jusqu'où laissera-t-on s'enfoncer les indices avant de réagir pour calmer les esprits ? Faudra-t-il attendre que les fonds souverains, notamment chinois viennent ramasser au casino les plus beaux fleurons de l'économie mondiale dont la valeur boursière est désormais, pour certaines entreprises, largement au-dessous des actifs desdites entreprises ? Faudra-t-il que certaines entreprises quittent le marché financier pour se financer autrement ? En effet, lorsqu'on est, par exemple, une entreprise de grande distribution dont le financement repose largement sur le crédit des fournisseurs et que le marché réel (pas celui du casino boursier) vous permet d'encaisser vos ventes avant d'avoir payé lesdits fournisseurs, la question de rester en bourse va finir par sérieusement se poser. Certaines grandes entreprises fonctionnent sans recourir au financement du marché boursier. A partir du moment où la présence en bourse devient un handicap et surtout un risque quant au contrôle de l'entreprise, il y a des questions à se poser. Les mêmes questions ne peuvent pas manquer d'interpeller les pouvoirs publics, notamment sur les entreprises considérées comme stratégiques. De ce point de vue, les propositions faites par le Président de la République française tant en ce qui concerne l'idée d'un gouvernement économique de la zone euro (ce que Jean-Pierre Chevènement réclamait depuis bien longtemps) que de la création de fonds souverains pour protéger les économies et les industries contre la menace extérieure sont pleinement justifiées. Il faut bien comprendre que ce qui se joue en ce moment n'est pas une simple crise : c'est la guerre. Dans cette guerre, il y aura forcément des économies qui seront ruinées et des industries stratégiques qui soit seront détruites soit passeront sous contrôle de l'ennemi. En ne faisant rien, on officialise cet état de guerre. Mieux vaut réellement prendre des mesures sur le plan international pour arrêter ce vent de panique : la première façon radicale d'enrayer le phénomène est de fermer les places boursières en attendant des décisions du prochain sommet de Washington. A défaut, il faudra s'attendre à voir plonger encore les bourses mondiales et le signal donné par Tokyo ce lundi matin 27 octobre sur simples rumeurs n'est pas des plus réjouissants.



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FRANCE NUMÉRIQUE 2012 : C'EST PARTI !

Posté le 20.10.2008 par joelmekhantar
La France est entrée dans l'économie numérique. Le Plan France Numérique 2012, présenté ce jour par Eric BESSON, Secrétaire d'Etat chargé de la prospective de l'évaluation des politiques publiques et du développement de l'économie numérique, propose plus de 150 actions, articulées autour de quatre priorités fortes :

- Permettre à tous les Français d'acceder aux réseaux et aux services numériques,
- développer la production et l'offre de contenus numériques,
- accroître et diversifier les usages et les services numériques dans les entreprises, les administrations, et chez les particuliers,
- moderniser notre gouvernance de l'économie numérique.

Ce plan est disponible au format pdf à l'adresse suivante : http://francenumerique2012.fr/

Les villes et les agglomérations comme Dijon et le Grand Dijon y trouveront-elles les outils permettant d'inscrire l'économie numérique dans leurs projets de développement ? Nous aurons l'occasion d'y revenir prochainement et, au-delà de la communication faite autour de cet événement attendu, nous jugerons sur pièces ce nouveau dispositif.

La France ne redeviendra une nation à la pointe de l'économie numérique que si elle sait associer et écouter ses collectivités locales qui fourmillent d'idées quant aux usages à développer au service de nos concitoyens pour réduire encore la fracture numérique tout en développant de façon innovante notre économie.

CRISE, LE PLAN DE l'UE RESTE SANS EFFET.

Posté le 16.10.2008 par joelmekhantar
Le Sommet de Bruxelles commencé ce mercredi 15 octobre et qui devrait déboucher sur un communiqué final à l'issue de sa deuxième journée ce jeudi 16 a adopté une série de mesures (voir ci-dessous) qui reprennent ce qui avait été annoncé dimanche. Sans entrer dans le détail du plan qui se concentre surtout sur le secteur des banques et de la finance, on observera que les marchés qui avaient bien réagi lundi suite aux mesures annoncées au G7 à Wahington et au mini sommet de dimanche à Paris ont replongé hier. Ainsi en Europe, à Paris le CAC a perdu 6,82%, le Dax à Francfort 6,49% et le FTSE 7,16% à Londres ! Dans la soirée aux Etats-Unis Wall Street a perdu 7,87% pour le Dow jones et 8,47% pour le Nasdaq, deuxième plus grande dégringolade de la Bourse américaine. Quant aux résultats des bourses asiatiques c'est encore pire : chute de 11,4% du Nikkei en clôture à Tokyo, du jamais vu !

Non seulement l'idée de sommet mondial (dont la Présidence française est à l'origine) est une nécessité urgente pour remettre de l'ordre dans le financement de l'économie mondiale et notamment pour en finir avec les agences de notation et la spéculation de la Bourse Casino mais de plus, parce que cela ne suffit pas, il faudra prévoir d'autres mesures coordonnées pour faire face à la récession qui s'installe dans l'économie réelle.

L'assainissement du secteur bancaire (cf. les mesures prises ce matin en Suisse pour isoler les actifs pourris de l'UBS) est une première étape. Une politique de grands travaux serait sans doute une bonne initiative pour relayer ces premières mesures et faire repartir l'économie (notamment en Europe).

Il est très préoccupant de mesurer l'absence d'effet des premières mesures gouvernementales sur le secteur bancaire. Ainsi,prenons l'exemple de Dexia, banque des collectivités locales dont l'essentiel de l'activité repose sur une clientèle solvable. Cette banque plonge malgré la souscription d'actions par l'Etat. Le capital de Dexia est passé de 1.156.412.677 titres à 1.762.473.283 titres, les actions nouvelles ayant été souscrites au prix de 9,9 Euros. Pour la France, la Société de Prise de Participation de l'Etat a souscrit à cette augmentation de capital et détient par exemple 101.010.101 actions Dexia, soit 5,73% du capital. Les autres actionnaires français de référence, la Caisse des Dépôts détiennent désormais 17,6% du capital de Dexia et CNP Assurances 2,97%. Il est frappant de voir qu'autour de 5 euros l'action, la capitalisation de Dexia est désormais inférieure à 9 Milliards d'Euros ! Et ce malgré la récente levée de fonds publics pour un montant de 6 Milliards d'euros, aussitôt engloutis par le marché et la spirale de la baisse !

Pourquoi le titre stagne-t-il ce matin toujours bien en-dessous de 6 euros, ayant même signé un plus bas historique à 4,57 euros ? A un niveau aussi bas, beaucoup d'investisseurs avisés risquent de réaliser une belle plus value lorsque le marché se retournera à la hausse puisqu'entre 4,5 ou 5 euros prix actuel du marché et 9,9 euros, prix auquel l'Etat a souscrit l'action, il y a une jolie marge. Néanmoins, pour l'heure, force est de constater que l'Etat (donc le contribuable) n'a pas fait une bonne affaire alors qu'il pourrait légitimement espérer que l'action dépasse rapidement les 10 euros. Il y a un an, ne valait-elle pas plus de 23 euros ?

Peut être faudrait-il très vite que la filiale américaine de cette banque (qui s'est engagée sur le marché à risque des subprimes) soit neutralisée et séparée du groupe. En effet, il ne suffit pas d'injecter des milliards d'argent public européen sans prendre toutes les mesures nécessaires pour couper des branches pourries qui menacent l'arbre.


PLAN ADOPTÉ PAR L'UE À BRUXELLES LE 15 OCTOBRE.


1) Le système financier apporte une contribution essentielle au bon fonctionnement de nos économies et constitue une condition de la croissance et du plein emploi. Des millions de déposants ont confié leurs économies à nos institutions financières. La crise actuelle des marchés pourrait remettre en cause le rôle économique crucial joué par le système financier.

2) Depuis le début de la crise, nous sommes intervenus pour traiter les défis auxquels nos systèmes financiers doivent faire face : nous nous sommes engagés à soutenir, par tous les moyens possibles, les institutions financières importantes et à empêcher leur faillite et nous l’avons fait dans plusieurs cas ; nous avons accru les exigences de transparence sur les expositions des banques ; nous avons renforcé les garanties apportées aux dépôts des particuliers.

3) Au-delà, une action concertée est urgente compte tenu des problèmes persistants du marché interbancaire et de la contagion de la crise financière à l’économie réelle.

4) Nous confirmons aujourd’hui notre engagement à agir ensemble, de manière décisive, sur tous les aspects du problème, pour restaurer la confiance et un fonctionnement normal du système financier et, ainsi, retrouver les conditions d’un financement normal et efficace de l’économie. En parallèle, nous nous engageons à coordonner les mesures nécessaires pour traiter les autres conséquences de la crise financière sur l’économie réelle, conformément aux conclusions du Conseil ECOFIN du 7 octobre. En particulier, nous nous félicitons de la décision de la BEI de mobiliser 30 milliards d’euros pour soutenir les PME européennes ainsi que de son engagement à renforcer sa capacité d’intervention pour les projets d’infrastructure.

5) En tant qu’Etats de la zone euro, nous partageons une même responsabilité et devons contribuer à une approche européenne. Nous invitons donc nos partenaires européens à adopter les principes arrêtés aujourd’hui de manière à agir de manière unie et éviter des mesures nationales qui affecteraient négativement le fonctionnement du marché unique ou qui léseraient les autres Etats membres.

Ceci rend indispensable que les gouvernements de l’Union Européenne et de la zone Euro, les banques centrales et les autorités de supervision décident d’une approche coordonnée visant à :

- assurer des liquidités suffisantes aux institutions financières ;
- faciliter le financement des banques qui est actuellement contraint ;
- apporter aux institutions financières les ressources en capital pour qu’elles continuent à financer correctement l’économie ;
- apporter une recapitalisation suffisante aux banques en difficulté ;
- assurer assez de flexibilité dans la mise en œuvre des règles comptables dans les circonstances exceptionnelles actuelles ;
- renforcer les procédures de coopération entre pays Européens.

Dans les circonstances exceptionnelles actuelles, nous soulignons la nécessité pour la Commission de continuer à agir rapidement et appliquer avec flexibilité les décisions en matière d’aides d’Etat tout en continuant à soutenir les principes du marché unique et du régime d’aides d’Etat.

Assurer des liquidités suffisantes aux institutions financières.

6) Nous accueillons favorablement la décision récente de la BCE et d’autres banques centrales de réduire leurs taux directeurs.

7) Nous accueillons également favorablement les décisions prises par la BCE pour améliorer les conditions de refinancement des banques européennes et leur apporter davantage de financement à long terme. Nous attendons des banques centrales qu’elles envisagent tous les moyens pour s’adapter au contexte actuel des marchés.

Nous nous félicitons de l’intention de la BCE et de l’Eurosystème de réagir avec flexibilité aux évolutions des marchés et en particulier d’examiner de nouvelles améliorations de ces règles en matière de collatéral pour ce qui concerne l’éligibilité des billets de trésorerie.

Faciliter le financement des banques qui est actuellement contraint.

8) Afin de compléter les actions de refinancement à court terme entreprises par la BCE sur le marché interbancaire, les gouvernements de la zone Euro sont prêts à prendre des mesures concertées et coordonnées pour améliorer le fonctionnement du marché monétaire sur le compartiment à long terme. Ces initiatives seront conçues pour remédier aux problèmes de liquidité des banques solvables.

Nous saluons les initiatives mises en place dans certains États membres pour faciliter le financement à moyen terme des banques, notamment à travers l’achat d’actifs de qualité ou à travers des échanges de titres d’Etat. L’aggravation des conditions financières dans les dernières semaines exige d’autres actions concertées.

A cette fin, les Gouvernements pourront aussi fournir, pour une période définie et à des conditions déterminées, directement ou indirectement, leur garantie, une assurance ou tout autre dispositif similaire aux nouvelles émissions des banques, pour des durées allant jusqu’à cinq ans. Les Gouvernements peuvent également, aux mêmes fins, procéder à l’acquisition directe de ces émissions. En tenant compte des conditions de marché de chacun des pays concernés, cette garantie pourra être ciblée sur certaines catégories d’opérations.

Quel que soit le mécanisme retenu, il sera mis en place de manière à ne pas fausser le jeu d’une concurrence loyale entre établissements et à empêcher de possibles abus aux dépens des institutions qui n’en bénéficieraient pas. En conséquence :

- son prix devra refléter au minimum sa valeur dans des conditions de marché normales ;
- y seront éligibles toutes les institutions financières enregistrées et opérant dans nos pays, ainsi que les filiales des institutions financières étrangères ayant une activité significative, dès lors qu’elles respectent les exigences réglementaires de capital minimum et d’autres critères non discriminatoires ;
- les gouvernements pourront imposer des conditions aux bénéficiaires de ces dispositifs, y compris des engagements de financement de l’économie réelle ;
- ce dispositif sera plafonné, temporaire et concernera, sous le contrôle des autorités financières, les émissions réalisées avant le 31 décembre 2009.

Tout en agissant rapidement comme les circonstances l’exigent, nous nous coordonnerons en fournissant ces garanties, dans la mesure où des différences significatives dans les mises en œuvre nationales pourraient avoir des effets contreproductifs, créant des distorsions sur les marchés bancaires. Nous agirons aussi en coopération avec la Banque Centrale Européenne pour assurer la cohérence de la gestion des liquidités dans l’Eurosystème et la compatibilité avec le cadre opérationnel de l’Eurosystème.

Apporter aux institutions financières les ressources en capital pour qu’elles continuent à financer correctement l’économie.

9) Afin de permettre aux institutions financières de renforcer leurs fonds propres et d’assurer un financement suffisant des économies de la zone euro, chaque Etat membre mettra à la disposition des institutions financières de nouveaux fonds propres, comme par exemple par l’acquisition des actions de préférence ou d’autres instruments comparables, y compris des titres non dilutifs. Les conditions de prix de ces instruments prendront en compte les conditions de marché et la notation des institutions financières concernées et devront être cohérentes entre les Etats membres. Les Gouvernements s’engagent à fournir ce capital en volume suffisant tout en continuant à favoriser par tous moyens possibles la recherche de capitaux privés. Les institutions financières concernées devront être obligées d’accepter des contraintes en contrepartie, en particulier pour prévenir de possibles conséquences de ces mécanismes aux dépens des institutions qui n’en bénéficieraient pas.

10) Compte tenu des conditions de marché exceptionnelles, nous demandons instamment aux superviseurs nationaux, conformément à l’esprit des règles de Bâle 2, d’appliquer les règles prudentielles en ayant également pour objectif la stabilisation du système financier.

Apporter une recapitalisation suffisante aux banques en difficulté.

11) Les Gouvernements rappellent leur engagement d’empêcher toute faillite d’institutions financières qui présenteraient un risque pour le système financier dans son ensemble, en y consacrant les moyens adaptés, y compris l’apport de capitaux nouveaux. Dans ces interventions, nous veillerons tout particulièrement au respect des intérêts des contribuables et à ce que les actionnaires et le management assument leur part de responsabilité dans ces interventions. Les recapitalisations d’urgence devront être accompagnées de plans de restructuration adaptés.

Assurer assez de flexibilité dans la mise en œuvre des règles comptables dans les circonstances exceptionnelles actuelles.

12) Nous saluons les initiatives que vient de prendre la Commission en vue d’appliquer immédiatement les conclusions du Conseil ECOFIN du 7 octobre sur le classement des instruments financiers par les banques entre le « trading » et le « banking book ».

Compte tenu des circonstances exceptionnelles actuelles, les institutions financières comme les institutions non-financières doivent pouvoir comptabiliser, en tant que de besoin, leurs actifs en prenant en compte leurs modèles d’appréciation des risques de défaillances de préférence aux valeurs de marché immédiates qui ne sont plus pertinentes dans des marchés qui ne fonctionnent plus.

Nous demandons aux autorités compétentes de prendre ces décisions dans les prochains jours.

Renforcer les procédures de coopération entre pays Européens.

13) Dans de telles circonstances, une gestion efficace de la crise rend nécessaire un suivi instantané et constant. Nous devons donc renforcer les procédures permettant l’échange d’informations entre nos gouvernements, le Président en exercice du Conseil européen, le Président de la Commission, le Président de la Banque centrale européenne et le Président de l’Eurogroupe. Nous attendons du Conseil Européen de mercredi prochain qu’il adopte un mécanisme destiné à améliorer la gestion de crise entre pays européens.

14) Le conseil ECOFIN, avec le soutien de la Commission et en étroite collaboration avec la BCE, fera rapport en temps utile au Conseil Européen sur l’application de ces décisions.

LES RÉSULTATS DU SOMMET DES ETATS DE LA ZONE EURO

Posté le 12.10.2008 par joelmekhantar
On trouvera ci-dessous les mesures annoncées par le sommet des États de la zone Euro. Elles complètent celles évoquées par Gordon Brown pour le Royaume-Uni (qui ne fait pas partie de cette zone) et ceux du G7 inspirées par le plan du Royaume Uni.

A première vue, rien de concret n'est directement annoncé par le sommet de Paris. Il y a bien la confirmation de 30 milliards d'euros débloqués par la BEI à destination des petites et moyennes entreprises. Par ailleurs, il est frappant de voir ce sommet se féliciter des mesures prises par la BCE comme si le politique s'en remettait aux décisions de cette instance (en matière de réduction de taux, ou de refinancement des banques sans indication de montant) pour les commenter favorablement.

Pour le reste, il n'y a pas de mesures concrètes réellement nouvelles envisagées par les Etats autres que les mesures déjà prises en urgence (recapitalisation des institutions financières ; mesures pour assurer des liquidités suffisantes, ...).

La seule idée nouvelle réellement intéressante est celle d'un "mécanisme destiné à améliorer la gestion de crise entre pays européens". Il démontre bien la nécessité d'un gouvernement économique de la zone euro. Ce mécanisme devrait faire l'objet de développements plus précis lors du Conseil européen de ce mercredi.

On remarquera qu'avant ce sommet, Ségolène Royal a fait des propositions en ce sens dans la soirée évoquant l'idée audacieuse d'un ministère économique franco-allemand.

Les annonces du week-end (G7 de Washington, Sommet de la zone Euro de Paris) suffiront-elles à calmer les marchés ?

A l'heure où ces lignes sont écrites, les seuls éléments positifs proviennent de la Bourse séoudienne en hausse. De façon plus probante, il faudra attendre ce que donneront cette nuit les premières indications des bourses asiatiques et surtout l'ouverture des places européennes ce lundi matin.

Il est fort probable qu'un rebond technique s'opérera. De quelle ampleur sera-t-il et surtout pour quelle durée ? Toute la question sera de savoir si, au-delà de ce probable rebond technique, les places européennes tiendront jusqu'à l'ouverture de Wall-Street et jusqu'à la clôture.

Vendredi, Wall Street terminait cette semaine noire en baisse plus légère que les jours précédents pour le Dow Jones (- 1,49%), le Nasdaq terminant même en très légère hausse (+ 0,27%) dans l'attente de la réunion du G7.

On a déjà indiqué que le Plan d'action en 5 points du G7 n'était pas à la hauteur de la secousse même s'il rompt avec les dogmes libéraux et reconnaît enfin la nécessité d'une montée de la puissance publique au capital des banques. Au-delà des déclarations d'intention, ce nouveau plan européen qu'on lira ci-dessous n'annonce rien de bien concret. Il se lit plus comme une façon de prendre acte du fait qu'en la matière les gouvernements européens, s'ils admettent bien l'idée d'un "mécanisme destiné à améliorer la gestion de la crise entre pays européens", s'en remettent surtout pour l'heure aux décisions de la BCE. Il reste à espérer que ce "mécanisme" dont doit accoucher le Conseil européen de mercredi se traduise enfin par une volonté quantifiée et planifiée du politique de reprendre la main (cf. notre précédent billet).

__________________

Palais de l’Elysée, dimanche 12 octobre 2008
DECLARATION SUR UN PLAN D’ACTION CONCERTEE DES PAYS DE LA ZONE EURO
sources : site de l'Elysée.

1) Le système financier apporte une contribution essentielle au bon fonctionnement de nos économies et constitue une condition de la croissance et du plein emploi. Des millions de déposants ont confié leurs économies à nos institutions financières. La crise actuelle des marchés pourrait remettre en cause le rôle économique crucial joué par le système financier.

2) Depuis le début de la crise, nous sommes intervenus pour traiter les défis auxquels nos systèmes financiers doivent faire face : nous nous sommes engagés à soutenir, par tous les moyens possibles, les institutions financières importantes et à empêcher leur faillite et nous l’avons fait dans plusieurs cas ; nous avons accru les exigences de transparence sur les expositions des banques ; nous avons renforcé les garanties apportées aux dépôts des particuliers.

3) Au-delà, une action concertée est urgente compte tenu des problèmes persistants du marché interbancaire et de la contagion de la crise financière à l’économie réelle.

4) Nous confirmons aujourd’hui notre engagement à agir ensemble, de manière décisive, sur tous les aspects du problème, pour restaurer la confiance et un fonctionnement normal du système financier et, ainsi, retrouver les conditions d’un financement normal et efficace de l’économie. En parallèle, nous nous engageons à coordonner les mesures nécessaires pour traiter les autres conséquences de la crise financière sur l’économie réelle, conformément
aux conclusions du Conseil ECOFIN du 7 octobre. En particulier, nous nous félicitons de la décision de la BEI de mobiliser 30 milliards d’euros pour soutenir les PME européennes ainsi que de son engagement à renforcer sa capacité d’intervention pour les projets d’infrastructure.

5) En tant qu’Etats de la zone euro, nous partageons une même responsabilité et devons contribuer à une approche européenne. Nous invitons donc nos partenaires européens à adopter les principes arrêtés aujourd’hui de manière à agir de manière unie et éviter des mesures nationales qui affecteraient négativement le fonctionnement du marché unique ou qui léserait les autres Etats membres.

Ceci rend indispensable que les gouvernements de l’Union Européenne et de la zone Euro, les banques centrales et les autorités de supervision décident d’une approche coordonnée visant à :
- assurer des liquidités suffisantes aux institutions financières ;
- faciliter le financement des banques qui est actuellement contraint ;
- apporter aux institutions financières les ressources en capital pour qu’elles continuent à financer correctement l’économie ;
- apporter une recapitalisation suffisante aux banques en difficulté ;
- assurer assez de flexibilité dans la mise en œuvre des règles comptables dans les circonstances exceptionnelles actuelles ;
- renforcer les procédures de coopération entre pays Européens.
Dans les circonstances exceptionnelles actuelles, nous soulignons la nécessité pour la Commission de continuer à agir rapidement et appliquer avec flexibilité les décisions en matière d’aides d’Etat tout en continuant à soutenir les principes du marché unique et du régime d’aides d’Etat.

Assurer des liquidités suffisantes aux institutions financières.

6) Nous accueillons favorablement la décision récente de la BCE et d’autres banques centrales de réduire leurs taux directeurs.

7) Nous accueillons également favorablement les décisions prises par la BCE pour améliorer les conditions de refinancement des banques européennes et leur apporter davantage de financement à long terme. Nous attendons des banques centrales qu’elles envisagent tous les moyens pour s’adapter au contexte actuel des marchés.
Nous nous félicitons de l’intention de la BCE et de l’Eurosystème de réagir avec flexibilité aux évolutions des marchés et en particulier d’examiner de nouvelles améliorations de ces règles en matière de collatéral pour ce qui concerne l’éligibilité des billets de trésorerie.

Faciliter le financement des banques qui est actuellement contraint.

8) Afin de compléter les actions de refinancement à court terme entreprises par la BCE sur le marché interbancaire, les gouvernements de la zone Euro sont prêts à prendre des mesures concertées et coordonnées pour améliorer le fonctionnement du marché monétaire sur le compartiment à long terme. Ces initiatives seront conçues pour remédier aux problèmes de liquidité des banques solvables.
Nous saluons les initiatives mises en place dans certains États membres pour faciliter le financement à moyen terme des banques, notamment à travers l’achat d’actifs de qualité ou à travers des échanges de titres d’Etat. L’aggravation des conditions financières dans les dernières semaines exige d’autres actions concertées.

A cette fin, les Gouvernements pourront aussi fournir, pour une période définie et à des conditions déterminées, directement ou indirectement, leur garantie, une assurance ou tout autre dispositif similaire aux nouvelles émissions des banques, pour des durées allant jusqu’à cinq ans. Les Gouvernements peuvent également, aux mêmes fins, procéder à l’acquisition directe de ces émissions. En tenant compte des conditions de marché de chacun des pays
concernés, cette garantie pourra être ciblée sur certaines catégories d’opérations.

Quel que soit le mécanisme retenu, il sera mis en place de manière à ne pas fausser le jeu d’une concurrence loyale entre établissements et à empêcher de possibles abus aux dépens des institutions qui n’en bénéficieraient pas. En conséquence :
- son prix devra refléter au minimum sa valeur dans des conditions de marché normales ;
- y seront éligibles toutes les institutions financières enregistrées et opérant dans nos pays, ainsi que les filiales des institutions financières étrangères ayant une activité significative, dès lors qu’elles respectent les exigences réglementaires de capital minimum et d’autres critères non discriminatoires ;
- les gouvernements pourront imposer des conditions aux bénéficiaires de ces dispositifs, y compris des engagements de financement de l’économie réelle ;
- ce dispositif sera plafonné, temporaire et concernera, sous le contrôle des autorités financières, les émissions réalisées avant le 31 décembre 2009.
Tout en agissant rapidement comme les circonstances l’exigent, nous nous coordonnerons en fournissant ces garanties, dans la mesure où des différences significatives dans les mises en œuvre nationales pourraient avoir des effets contreproductifs, créant des distorsions sur les marchés bancaires. Nous agirons aussi en coopération avec la Banque Centrale Européenne pour assurer la cohérence de la gestion des liquidités dans l’Eurosystème et la compatibilité avec le cadre opérationnel de l’Eurosystème.

Apporter aux institutions financières les ressources en capital pour qu’elles continuent à financer correctement l’économie.

9) Afin de permettre aux institutions financières de renforcer leurs fonds propres et d’assurer un financement suffisant des économies de la zone euro, chaque Etat membre mettra à la disposition des institutions financières de nouveaux fonds propres, comme par exemple par l’acquisition des actions de préférence ou d’autres instruments comparables, y compris des titres non dilutifs. Les conditions de prix de ces instruments prendront en compte les conditions de marché et la notation des institutions financières concernées et devront être cohérentes entre les Etats membres. Les Gouvernements s’engagent à fournir ce capital en volume suffisant tout en continuant à favoriser par tous moyens possibles la recherche de capitaux privés. Les institutions financières concernées devront être obligées d’accepter des contraintes en contrepartie, en particulier pour prévenir de possibles conséquences de ces mécanismes aux dépens des institutions qui n’en bénéficieraient pas.

10) Compte tenu des conditions de marché exceptionnelles, nous demandons instamment aux superviseurs nationaux, conformément à l’esprit des règles de Bâle 2, d’appliquer les règles prudentielles en ayant également pour objectif la stabilisation du système financier.

Apporter une recapitalisation suffisante aux banques en difficulté.

11) Les Gouvernements rappellent leur engagement d’empêcher toute faillite d’institutions financières qui présenteraient un risque pour le système financier dans son ensemble, en y consacrant les moyens adaptés, y compris l’apport de capitaux nouveaux. Dans ces interventions, nous veillerons tout particulièrement au respect des intérêts des contribuables et à ce que les actionnaires et le management assument leur part de responsabilité dans ces interventions. Les recapitalisations d’urgence devront être accompagnées de plans de restructuration adaptés.

Assurer assez de flexibilité dans la mise en œuvre des règles comptables dans les circonstances exceptionnelles actuelles.

12) Nous saluons les initiatives que vient de prendre la Commission en vue d’appliquer immédiatement les conclusions du Conseil ECOFIN du 7 octobre sur le classement des instruments financiers par les banques entre le « trading » et le « banking book ».
Compte tenu des circonstances exceptionnelles actuelles, les institutions financières comme les institutions non-financières doivent pouvoir comptabiliser, en tant que de besoin, leurs actifs en prenant en compte leurs modèles d’appréciation des risques de défaillances de préférence aux valeurs de marché immédiates qui ne sont plus pertinentes dans des marchés qui ne fonctionnent plus.

Nous demandons aux autorités compétentes de prendre ces décisions dans les prochains jours.

Renforcer les procédures de coopération entre pays Européens.

13) Dans de telles circonstances, une gestion efficace de la crise rend nécessaire un suivi instantané et constant. Nous devons donc renforcer les procédures permettant l’échange d’informations entre nos gouvernements, le Président en exercice du Conseil européen, le Président de la Commission, le Président de la Banque centrale européenne et le Président de l’Eurogroupe. Nous attendons du Conseil Européen de mercredi prochain qu’il adopte
un mécanisme destiné à améliorer la gestion de crise entre pays européens.

14) Le conseil ECOFIN, avec le soutien de la Commission et en étroite collaboration avec la BCE, fera rapport en temps utile au Conseil Européen sur l’application de ces décisions.

VERS LE RETOUR DE LA PUISSANCE PUBLIQUE ?

Posté le 11.10.2008 par joelmekhantar
crédit photo © TIM SLOAN / AFP PHOTO : les ministres des Finances du G7 le vendredi 10 octobre à Washington après l'adoption d'un Plan en 5 points.


L’absence de gouvernement économique d’un monde laissé à la gouvernance des banques et des marchés se fait cruellement sentir. L’impossibilité de mettre en place un véritable plan international de lutte contre la crise à l’issue de la réunion du G7 à Washington, les longues tergiversations qui ont précédé l'adoption du plan Paulson aux USA (et les incertitudes sur l’emploi des 700 milliards de dollars à mobiliser) ne sont pas de nature à calmer les marchés.

Les liquidités étant rares du fait du refus des banques de se prêter de l’argent, les trésoreries de nombreuses entreprises de l’économie réelle sont désormais directement menacées. D’une façon ou d’une autre, la puissance publique sera contrainte, de reprendre le contrôle sur les banques et de remonter au capital de celles qui sont sous capitalisées en raison de l’absence de solvabilité de leurs créanciers douteux. Elle devra le faire vite et en tout état de cause avant la réouverture des places financières. Mieux vaudrait d’ailleurs fermer les Bourses tant que ces mesures ne seront pas prises car ce qui est encore possible aujourd’hui ne le sera plus demain quand les dépôts de bilan vont toucher l’économie réelle.

Il est paradoxal de voir que tous les nantis qui ont bénéficié pendant de nombreuses années de la fuite en avant d’un système fondé sur l’illusion que l’on pouvait vivre impunément à crédit sont paradoxalement les mêmes qui refusent la faillite, sanction normale du marché-roi et qui appellent l’Etat au secours.

Les dirigeants de ce système ont bénéficié de tous les avantages (stocks-options, golden parachutes, …) et de la vie facile grâce aux tentacules de cette vaste pieuvre nourrie par une surexploitation de l’homme par l’homme. Lorsque cela n’allait pas bien ici, on pouvait toujours couper l’une de ses tentacules en licenciant là pour permettre à la pieuvre de se refaire une santé ailleurs. Les délocalisations ont permis l’exploitation des nouveaux pays émergents dans une concurrence mondiale du salariat.

Aujourd’hui il semble que la pieuvre soit gangrenée jusqu’à sa tête et qu’il ne suffira pas de couper quelques tentacules pour faire repartir un système capitaliste à l’agonie. Tout un système au cœur duquel tournait en vase clos ce petit monde merveilleux des privilégiés de la finance internationale (Banques et Bourses) va disparaître et c’est tant mieux. Ce système, que certains appellent, (y compris à gauche !) « libéral » pour faire moins peur, est aux antipodes de la liberté, de l’égalité et de la solidarité. La crise va nous apprendre à retrouver ces valeurs universelles articulées autour de la puissance publique au service de l'intérêt général. Le monde n’a plus besoin de gouvernance, il doit retrouver un véritable gouvernement. C’est l’heure du retour du politique sur l’économie mais le drame avec la ringardisation du politique par trois ou quatre décennies d’idéologues libéraux est que les politiques ne paraissent plus vraiment à la hauteur des défis à relever. Ils sont "has been", seul le marché serait moderne !

Les défis à relever sont bien identifiés. Deux doivent être traités dans l’urgence. Il faut d’abord casser la panique qui s’est emparée des marchés boursiers et surtout éviter une propagation de cette panique dans le grand public afin d’éloigner la sombre perspective d’un effet domino. Au-delà de l’urgence, des défis plus importants concernent le contrôle politique à mettre en place sur le système financier mondial.

Quelles mesures prendre à court terme ? Pour casser la panique sur le système boursier, il faut déjà mettre fin dès lundi aux spéculations qui accélèrent le mouvement en interdisant purement et simplement sur toutes les places boursières et sur toutes les valeurs (pas seulement les valeurs bancaires), les ventes de titres à découvert. Cédant au mouvement général de panique qui s’est emparé de la bourse, de nombreuses sociétés sont aujourd’hui valorisées en deçà de leur valeur comptable. Il y a là quelque chose de totalement irrationnel dans la mesure où ceux qui ne détenaient aucun titre de ces sociétés et qui les ont vendu à découvert au prix fort vont les racheter dès qu’ils les auront fait suffisamment plonger s’offrant ainsi pour rien la différence entre leur vente fictive et leur rachat pour livrer les titres. L’Italie a été la seule à interdire ce type de pratiques.

2° Si les mesures à long terme de contrôle public des banques ne suffit pas à calmer les marchés, il faudra purement et simplement fermer la Bourse jusqu’à ce que chacun reprenne ses esprits. Cette mesure a déjà été employée par le passé. La Bourse de Wall-Street avait été fermée pendant une semaine après le 11 septembre 2001. La crise actuelle a donné lieu à des fermetures dans certains pays.

Quelle mesure à plus long terme faut il annoncer très vite ? Pour les secteurs à l’origine de la crise, essentiellement le secteur bancaire, les Etats doivent prendre une série de mesures coordonnées.

1° D’abord, la garantie des dépôts des épargnants doit être assurée et de façon identique partout pour éviter la spéculation internationale. Il est affligeant de voir que même en Europe, il n’y a pas une unité en la matière. Cette crise met ainsi l’accent sur l’absence de véritable gouvernement économique de la zone euro.

2° Les États doivent reprendre le contrôle politique des Banques en montant au capital de celles qui sont sous capitalisées. Il ne suffit pas d’injecter des milliards sans contrôle. Il est tout à fait inacceptable de voir des banques ou des compagnies d'assurances renflouées par la puissance publique persister dans l’indécence de certains privilèges (ex. « ce séminaire luxueux : 443.343,71 dollars, dont près de 200.000 pour payer les chambres (à 1.000 dollars la nuit ou plus), et plus de 150.000 dollars pour les repas, ainsi que 23.000 dollars de soins de remise en forme, " offert aux dirigeants d’AIG,compagnie renflouée par le contribuable américain). Ce rétablissement du contrôle de la puissance publique sur le secteur bancaire ne doit pas se limiter seulement à la prise de participations financières dont l’effectivité ne dépend que des contribuables et de la planche à billets mais elle doit se traduire aussi par le changement des équipes de direction afin que les nouveaux dirigeants jouent le jeu du prêt interbancaire et permettent d’assurer de nouveau la liquidité du système.

3° Le plus important est que ces mesures soient annoncées rapidement et surtout que la communication soit organisée d’une façon unanime avec une coordination quasi-militaire au niveau international. Les marchés doivent savoir qu’ils ne sont plus maîtres du monde mais que le politique reprend la main. Il n’y aurait rien de pire que la persistance de cette impression de flottement. Le sommet mondial auquel, et il faut lui en rendre grâce, le Président de la République française a été le premier à faire allusion, doit se réunir vite et au plus haut niveau des Etats pour signifier à ceux qui l’auraient oublié qu’il n’y a pas une seule zone sur la terre où la Puissance publique ne peut se rendre maîtresse du jeu quand elle le décide. Encore faut-elle qu'elle le décide.

TEXTE DU COMMUNIQUÉ DU G7 source Département du Trésor américain :
http://www.treas.gov/press/releases/hp1195.htm

October 10, 2008
HP-1195

G-7 Finance Ministers and Central Bank Governors Plan of Action

Washington-- The G-7 agrees today that the current situation calls for urgent and exceptional action. We commit to continue working together to stabilize financial markets and restore the flow of credit, to support global economic growth. We agree to:

1. Take decisive action and use all available tools to support systemically important financial institutions and prevent their failure.
2. Take all necessary steps to unfreeze credit and money markets and ensure that banks and other financial institutions have broad access to liquidity and funding.
3. Ensure that our banks and other major financial intermediaries, as needed, can raise capital from public as well as private sources, in sufficient amounts to re-establish confidence and permit them to continue lending to households and businesses.
4. Ensure that our respective national deposit insurance and guarantee programs are robust and consistent so that our retail depositors will continue to have confidence in the safety of their deposits.
5. Take action, where appropriate, to restart the secondary markets for mortgages and other securitized assets. Accurate valuation and transparent disclosure of assets and consistent implementation of high quality accounting standards are necessary.

The actions should be taken in ways that protect taxpayers and avoid potentially damaging effects on other countries. We will use macroeconomic policy tools as necessary and appropriate. We strongly support the IMF's critical role in assisting countries affected by this turmoil. We will accelerate full implementation of the Financial Stability Forum recommendations and we are committed to the pressing need for reform of the financial system. We will strengthen further our cooperation and work with others to accomplish this plan.

228 À 205 POUR L'EFFONDREMENT DU CAPITALISME !

Posté le 30.09.2008 par joelmekhantar
En rejetant par 228 voix contre 205 le plan de sauvetage de l'économie américaine, la chambre des représentants laisse la panique s'emparer des marchés. Que vaudra Dexia qui finit à 7,2 aujourd'hui à Paris (- 28%) après avoir touché 6,62 en séance lorsqu'une banque comme Wachovia à Wall Street a perdu près de 82% de sa valeur en une séance ?

Qui peut croire que la crise s'arrêtera avec les pauvres 165 milliards d'euros mis par la BCE à la disposition de la Fed pour calmer la tempête ? Qu'est-ce que quelques milliards peuvent peser quand un vent de panique s'empare des marchés ? Rien, néant, zéro. Beaucoup d'actionnaires préféreront vendre à perte (et prendre leur perte) plutôt que de tout perdre demain ou après demain. Il est stupéfiant de voir que même les mesures prises pour interdire la vente à découvert des valeurs bancaires n'ont eu aucun effet sur la chute des cours. C'est aussi le signe très clair que les vendeurs ne sont plus uniquement des spéculateurs mais bien des épargnants qui possèdent les titres qu'ils vendent pour éviter de perdre toutes leurs économies.

Dans un tel contexte, il est fort à parier que si le pouvoir politique ne reprend pas la main, l'économie livrée à la seule loi absurde du marché va courir un grand risque de s'effondrer. L'absence de liquidité dans le système bancaire peut accélérer l'effet domino tant redouté et les faillites en séries pourraient alors s'accélérer.

Où sont les limites lorsque les faillites touchent jusqu'aux banques de dépôts lesquelles ont pourtant de bien meilleurs fondamentaux que certaines banques d'affaires par nature plus spéculatives ? Les premières banques de dépôts touchées ne risquent-elles pas de créer alors la panique chez les épargnants qui, en retirant leurs économies, pourraient précipiter l'effondrement d'un système déjà bien mal en point ?

Quand des Banques d'affaires comme Lehman Brothers font faillite c'est grave mais pas désespéré. En revanche quand l'effet domino touche Washington Mutual (WaMu), la première caisse d’épargne des Etats-Unis où en quelques jours, les épargnants ont retiré plusieurs milliards de dollars, on prend la mesure de la réelle gravité de la situation. Certes on dira que les activités financières de WaMu ont été cédées à JP Morgan, qui devient ainsi la plus grande banque de dépôts des Etats-Unis et on tentera de se rassurer à bon compte si l'on peut dire. Mais regardons ce qu'a donné le cours de JP Morgan ce lundi noir ? Cette Banque a à son tour perdu 15% en une seule séance et sa cotation a été retardée (sans autres explications aux investisseurs) !

Dans ces temps de grands troubles sur les places boursières, il est stupéfiant de voir les thuriféraires de l'économie de marché s'en remettre à la puissance publique. On n'a jamais vu autant de nationalisations bancaires depuis la Libération, à la seule différence près que les plans de sauvetage proposent aujourd'hui de nationaliser les pertes. Dans le même temps certains privilégiés sont partis avec des parachutes dorés après avoir coulé les entreprises qu'ils dirigeaient. Le système avait beaucoup moins de ménagements à l'égard des salariés victimes des plans de licenciements massifs !

Jusqu'où ira la crise ? Une chose est certaine : la puissance publique ne pourra pas tout racheter (à titre d'exemple -17,57% de baisse pour Bank of America ce soir à Wall Street !). Les interventions coordonnées des grandes banques centrales ne parviendront pas à arrêter cette crise. D'abord parce que les sommes qu'elles ont à injecter sont trop faibles eu égard au montant des transactions journalières. Ensuite et surtout parce qu'il ne revient pas aux banques de régler un problème qui est avant tout politique. On sait que le rejet du plan Paulson ne pourra pas être remis en cause avant le jeudi 2 octobre mais que les démocrates se disent prêts à faire un geste (sauf à faire payer au contribuable américain la faillite d'un système dont les républicains sont largement responsables). Le Plan Paulson devra donc être politiquement vendable en cette période électorale où le contexte de crise avantage largement le camp démocrate.

En Europe, l'initiative prise par le Président Sarkozy de lancer un sommet international pour réguler l'économie mondiale est assurément une bonne idée. Il reste à savoir si nourris par des décennies de ringardisation de la puissance publique et d'exhaltation des valeurs du Marché Roi, les dirigeants politiques de la planète auront encore la volonté de jouer leur rôle pour enfin dire qui du Marché ou des Peuples doit gouverner ! Le gouvernement politique du monde va-t-il succéder à la gouvernance par les Marchés ? Il serait grand temps si l'on ne veut pas que l'effondrement du système économique mondial produise des désastres dont nul ne peut aujourd'hui anticiper les conséquences. Le retour de la Puissance publique contre les puissances d'argent est paradoxalement réclamé par tous, y compris les plus libéraux. Les tenants de la régulation de l'économie par le marché ont ainsi l'image en grandeur nature des limites de l'ultralibéralisme qui prévalait dans cette mondialisation financière où décidément l'économie marche sur la tête.

Cette crise démontre que les questions essentielles pour la bonne marche du monde ne sont pas comme on le croit trop souvent de nature économique : elles sont éminemment politiques. C'est là sans doute l'une des grandes leçons de cette crise.

CRISE FINANCIÈRE : LE GOUVERNEMENT DOIT DIRE LA VÉRITÉ !

Posté le 18.09.2008 par joelmekhantar
Communiqué de presse du MRC, jeudi 18 septembre 2008.


Les faillites en cascades de plusieurs grandes institutions financières américaines témoignent des déséquilibres abyssaux de l'économie de ce pays. Le mode de financement de la croissance économique américaine, fondé sur le surendettement des ménages et la spéculation immobilière, n'était pas soutenable à moyen terme. La déréglementation financière a conduit les Etats-Unis au bord du précipice : l'auto-régulation des marchés a fait long feu.

Il est vain de croire que la France et l'Europe resteront à l'abri de la crise financière américaine. Les investissements inconsidérés des banques et le mimétisme des acteurs des marchés commencent à éclater au grand jour. Hier lénifiante, la finance française se fait soudain plus prudente devant les risques de contagion.

Le Mouvement Républicain et Citoyen demande au Gouvernement, par son Ministre des finances, de dire la vérité aux Français sur l'ampleur des pertes que les banques françaises vont subir. Les pouvoirs publics doivent user de l'ensemble de leurs moyens de contrôles bancaires à très court terme : la Commission bancaire, chargée de veiller à l'application des règles prudentielles pour assurer la sécurité des dépôts du public, doit agir vite. Le MRC propose par ailleurs qu'une commission d'enquête parlementaire soit chargée de faire la lumière sur les investissements français dans les subprimes américains. Enfin il demande au Premier Ministre de saisir le Conseil d'analyse économique afin qu'il formule des propositions pour renforcer le contrôle public sur les institutions financières.

Jeudi 18 Septembre 2008

4% D'INFLATION POUR LA ZONE EURO : NOUVEAU RECORD À BATTRE !

Posté le 16.07.2008 par joelmekhantar
Selon une information rapportée par Dowjones Newswires de ce jour : le taux annuel d'inflation dans la zone euro a de nouveau dépassé en juin la limite fixée par la Banque centrale européenne. Cette augmentation s'explique par la progression des prix de l'énergie et des produits alimentaires. Selon les données publiées mercredi par l'agence de la statistique de l'Union européenne, Eurostat, les prix à la consommation de la zone euro ont augmenté en juin de 0,4% par rapport à mai, et de 4% par rapport à juin 2007 !

Avec 4%, la progression des prix à la consommation est la plus forte depuis qu'Eurostat a commencé à publier ses évaluations de l'inflation en 1997 !

On rappellera que l'objectif de la BCE est de contenir la hausse des prix sous le seuil de 2%. Force est de constater qu'inefficace pour assurer la croissance et l'emploi en Europe, mission qu'elle se refuse à assurer, la Banque Centrale Européenne est totalement incapable d'enrayer l'inflation.

On s'est ému des émeutes de la faim dans certains pays du Tiers monde mais personne ne peut dire ce que socialement engendrera la réalité que vivent aujourd'hui les classes moyennes et les couches populaires en France et en Europe. Sommes-nous à la veille de grands troubles sociaux ? Les inégalités n'ont jamais été aussi criantes et l'arrogance de l'argent aussi violente.

La crise majeure du capitalisme à laquelle nous assistons ne fait peut être que commencer. Elle démontre la nécessité pour la gauche d'affirmer ses valeurs pour proposer une autre politique qui n'abandonne pas tout au marché-roi mais qui, au contraire, fasse confiance au contrôle démocratique sur toute instance de pouvoir. Le contrôle démocratique doit concerner autant les médias que la Banque centrale européenne. Il est inacceptable que cette dernière ne rende de comptes à personne !

Face à la crise majeure du capitalisme, le socialisme enraciné dans les valeurs de la République est une idée profondément moderne et porteuse d'avenir.

LA BCE ET LA HAUSSE DES TAUX

Posté le 06.07.2008 par joelmekhantar
Sources : http://afp.google.com/article/ALeqM5i2Jysb1lTqk-0IjFxcEpvfdb3rmA

PARIS (AFP) — Le président français Nicolas Sarkozy s'est demandé samedi s'il était "raisonnable" d'avoir des taux européens à 4,25 %, seuil auquel les a portés jeudi la Banque centrale européenne.
"J'ai été de ceux qui ont voté pour l'indépendance de la BCE, je ne le regrette pas (...). J'ai été de ceux qui ont voté pour l'indépendance de l'euro, je le regrette pas", a assuré le chef de l'Etat lors du Conseil national du parti au pouvoir, l'UMP, à Paris.
"Mais quand même, sans remettre à bas tout ce à quoi je crois, je suis légitime, en tant que président de la République française, de me demander s'il est raisonnable de porter les taux européens à 4,25 alors que les Américains ont des taux à 2%", s'est-il exclamé.
Lors de ce Conseil national, placé sous le signe de l'Europe, Nicolas Sarkozy doit présenter les priorités de la présidence française de l'Union européenne, qui a démarré le 1er juillet.
Sont également invités à ce conseil les présidents de la Commission et du Parlement européens, José Manuel Barroso et Hans-Gert Pöttering.

Si la politique économique antisociale de Nicolas Sarkozy mérite d'être fortement critiquée, sa prise de position contre les errements de la Banque Centrale Européenne (BCE) est justifiée mais appelle des conclusions plus offensives. En effet, en accroissant le différentiel des taux d'intérêt entre les USA et l'Europe de plus de 2 points, la BCE contribue à la pénalisation de nos entreprises et de nos emplois. La France devrait aller au-delà de cette critique et proposer une modification du statut de la BCE afin d'en permettre un réel contrôle démocratique. Il faut assigner à cette institution majeure de l'Union européenne des objectifs sociaux en matière de lutte contre le chômage et de lutte contre la baisse des rémunérations du travail.

MEME LE FMI ENCOURAGE LA BCE À BAISSER SES TAUX !

Posté le 10.04.2008 par joelmekhantar
Mercredi 9 avril le Fonds monétaire international a présenté ses nouvelles prévisions pour l'économie mondiale. Dans une croissance mondiale dont la probabilité d'être inférieure à 3% est évaluée à 25%, le FMI prévoit un ralentissement de la zone euro avec des taux pouvant être inférieurs à 1,4% et 1,2% pour 2008 et 2009. Cela souligne, le décalage avec les prévisions faites en France pour construire la loi de Finances !

Parmi les remèdes envisagés du bout des lèvres par le FMI figure notamment l'aide temporaire au marché financier par une nationalisation des pertes ! Tiens c'est curieux quand le marché se dérègle on va chercher la puissance publique ! La crise actuelle démontre les limites de l'économie de marché. La banque de Réserve fédérale américaine a déjà mis en œuvre cette politique d'appel à la puissance publique et aux fonds publics principalement pour le sauvetage de Bear Stearns. Mais le FMI n'exclut pas qu'il «faille faire plus avant pour que les marchés financiers et du logement trouvent véritablement un terrain solide».

Par ailleurs, le FMI estime que la Banque Centrale Européenne «peut se permettre d'assouplir sa politique monétaire.» car «si l'inflation actuelle est excessivement élevée dans la zone euro, il est prévu qu'elle retombe en dessous de 2 % en 2009, les perspectives de croissance étant de plus en plus négatives».

Ces quelques données valident tout à fait l'analyse faite dans le projet d'orientation de Jean-Pierre Chevènement, lors du conseil national du MRC le 6 avril. Cela souligne aussi le nécessaire retour de l'État et de la puissance publique dans la construction du socialisme refondé sur ses valeurs républicaines et non pas sur celles du libéralisme pur et dur avec lequel il n'a absolument rien à voir.

Pour aller plus loin on trouvera, un article de Jean-Pierre Robin dans Le Figaro économie à cette adresse :
http://www.lefigaro.fr/economie/2008/04/10/04001-20080410ARTFIG00300-les-pistes-du-fmi-pour-eviter-une-recession-mondiale.php

Pour remonter à la source de l'information, on consultera le rapport Perspectives de l'économie mondiale 2008 sur le site du FMI avec une note analytique de 14 pages au format pdf à cette adresse : http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/weo/2008/01/pdf/sumf.pdf

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